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Interview pour L'OBSERVATEUR

Avec Codou Badiane, journaliste de l'Observateur, quotidien sénégalais d'informations générales

INTERVIEW sur le leadership continental du Président Macky Sall pour le quotidien sénégalais d'informations L'Observateur.

- Qu'est-ce qui explique cette posture de leader du président Macky Sall?

Dans toutes les situations de crises internationales, il y a un besoin vital voire un impératif stratégique que chaque grande région du monde soit représentée et incarnée par une voix forte. En cela, avec la crise sanitaire mondiale du coronavirus, le président Macky Sall représente l'une des voix du continent et son initiative sur l'annulation des dettes africaines est certainement l'une des plus emblématiques. Il n'est pas le seul chef d'État qui s'est démarqué, mais son initiative a suscité maints débats et généré des positionnements dans un sens comme dans l'autre.

- Pensez-vous qu'il a les épaules pour assumer cette position de leader?

Le leadership politique et diplomatique ne se décrète pas mais il survient généralement dans des contextes troublés et complexes. Sur la forme, le président Macky Sall a repris un rappel récurrent sur l'annulation des dettes africaines qui émerge à chaque crise internationale. Sur le fond, cette pandémie du coronavirus aura non seulement des conséquences sanitaires, des impacts socio-politiques mais éprouvera considérablement les économies africaines déjà mal en point et globalement endettées et perfusion d'aides publiques internationales. Ce rappel qui a précédé la volonté politique du président français Emmanuel Macron démontre au fond une convergence sur les objectifs de ne pas délaisser le continent africain en mauvaise posture. Je suis convaincu que la partition diplomatique jouée par le président Macky Sall a été plus tard l'une des hypothèses de travail de la réunion des ministres des finances du G20. Après le résultat a plutôt débouché sur une proposition de moratoire, ce qui est bien différent de l'objectif visé par le président sénégalais mais cela a influencé les débats que ce soit au Club de Paris et dans les chancelleries occidentales.

-Qu'est qui selon vous a été déterminant dans le choix du Président Macky Sall pour mener les négociations pour l'annulation de la dette Africaine ?

Je pense que l'urgence de la situation internationale et les déflagrations sanitaires observées en Chine, en Europe et Amérique ont été déterminantes. Le continent africain a besoin d'avoir des leaders qui parlent en son nom et défendent ses positions sur la scène internationale. Si ce n'est pas le cas, l'Afrique déléguera de fait son avenir et son destin à d'autres, puissances extérieures ou multinationales intéressées, qui elles, ne visent que leurs intérêts et agissent en fonction de leur agenda diplomatique et stratégique.

- Si le Président Sall réussit cette mission, pourrait-il être le leader incontesté de l'Afrique?

Il faut aller au-delà de la quête d'un homme providentiel qui sauverait l'Afrique. Il faut davantage créer une génération de champions et ambassadeurs du continent africain qui défendent le continent partout où il est interpellé. Sur le fond, nous pouvons nous interroger valablement sur l'efficacité du moratoire et même de l'annulation de la dette africaine. Je suis convaincu que la véritable question qui se pose à l'ensemble des Africains est celle de la gouvernance, de la démocratie et de la réelle indépendance économique et politique. Si le président Macky Sall plaide pour un renouveau des pratiques et de culture dans ce sens, son leadership comptera en Afrique et s'inscrirera comme un modèle politique et diplomatique.

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